Rencontre avec nos artistes : Gaspard Dehaene

Rencontre avec nos artistes : Gaspard Dehaene

mardi 19 octobre 2021

Lundi 2 août 2021 dans la Cour d’Honneur du palais de l’Evêché, à Limoges. Gaspard Dehaene nous a donné rendez-vous avec son troisième album « À la Mazur », intimement dédié au compositeur polonais Frédéric Chopin. Aussi élégant que charismatique, il a su mettre en avant la manière singulière que revêt sa musique.

Festival 1001 Notes : Merci de nous accorder cette interview, Gaspard. Pouvez-vous vous présenter un peu ?

Gaspard Dehaene : Avec plaisir. Je m’appelle Gaspard Dehaene, je suis un jeune homme de 34 ans, je viens de me marier et je suis un pianiste, anciennement tennisman de haut niveau.

Festival 1001 Notes : Pratiquez-vous encore le tennis ?

Gaspard Dehaene : Non, plus trop. Je fais attention parce que ce n’est pas très compatible avec le piano. Il faut savoir faire des sacrifices.

Festival 1001 Notes : Comment avez-vous connu le Festival 1001 Notes ?

Gaspard Dehaene : Le nom du festival m’est resté en tête la première fois où je l’ai entendu. Et puis un jour, j’ai rencontré Albin de la Tour, le directeur du festival 1001 Notes à deux occasions : une première fois, quand j’étais beaucoup plus jeune à un concert que j’avais donné avec ma mère, Anne Queffélec, qui est aussi pianiste. Et la deuxième fois à Boulogne, où j’avais fait un concert lors de la journée du patrimoine. Ce jour-là, nous avons fait plus ample connaissance, le courant est bien passé, et à partir de là nous avons entamé une collaboration qui a abouti à aujourd’hui et j’espère à demain.

Festival 1001 Notes : Vous souvenez-vous encore de votre première édition ?

Gaspard Dehaene : Oui, la première fois c’était en première parti du concert de l’accordéoniste Richard Galliano, à Saint-Priest-Taurion. C’est un merveilleux souvenir.

Festival 1001 Notes : Avez-vous un public limougeaud ?

Gaspard Dehaene : Grâce à 1001 Notes, j’ai fait plusieurs concerts à Limoges. Albin de la Tour fait vivre l’actualité de ses artistes pour ses adhérents, à travers le site du festival, les réseaux sociaux et la communication. On forme une grande famille, il y a des gens qui me connaissent et qui reviennent me voir, à chaque occasion.

Festival 1001 Notes : Parlez-nous un peu de votre troisième album “À la Mazur” ?

Gaspard Dehaene : Avec plaisir. Il y a plusieurs thèmes qui résonnent dans cet album ; un thème musicologique et un thème personnel. En ce qui concerne le coté personnel, il relève du fait que Chopin est l’élément déclencheur dans ma vie, dans ma passion. C’est-à-dire que grâce à Chopin, j’ai abandonné la passion de mon enfance, le tennis, pour la passion de ma vie, la musique. Au début, quand j’ai découvert Chopin. J’étais profondément émerveillé. Puis après, j’ai découvert Beethoven, Schubert, Mozart, Schuman… Et j’ai fini par me rendre compte que je voulais être pianiste.

Et d’un point de vue musicologique, la Mazurka, qui est une danse originaire de Pologne, bien rythmée, rapide et à trois temps. Chopin en a écrit plus d’une cinquantaine, tout au long de sa vie. En quelque sorte, à travers ce programme, j’ai voulu montrer l’influence de la mazurka et du folklore polonais dans les compositions de Chopin et aussi mettre en lumière le fait est que Chopin a écrit ses mazurkas un peu comme un journal intime d’exilé ; puisqu’à dix-huit ans, il a dû partir de Pologne, sans jamais y revenir. Or, il n’a cessé de composer pour la Pologne, et dans ces œuvres, on sent une forme de nostalgie à être loin de son pays.

Festival 1001 Notes : Quelles sont vos inspirations à part Chopin ?

Gaspard Dehaene : Il y a des liens rétroactifs entre les uns et autres ; et finalement être un interprète, c’est s’inscrire dans une histoire, dans une continuité, il faut aussi être curieux de la musique de son temps. Je dirais que ce ne sont pas des personnes, mais des démarches, qui m’inspirent. Ce qui permet aussi d’avoir un a priori positif sur la nouveauté et d’embrasser son rôle d’interprète au plus proche de ce qu’il est vraiment.

Festival 1001 Notes : Décrivez-nous un peu votre processus de création ?

Gaspard Dehaene : Je ne crois pas à la routine. Je pense qu’il faut s’entraîner tous les jours, mais qu’il faut – à mon avis-, enfin sur ce quoi j’essaie de rester très conscient, c’est la qualité de mon travail. Et la qualité, elle va se voir avec le plaisir. Je crois que si on ne ressent pas de plaisir, on ne sera pas apte à fournir une qualité de travail et dans ce cas-là, il vaut mieux faire autre chose. Donc j’essaie de déchiffrer, de lire de nouvelles partitions, et évidemment travailler les morceaux que je dois jouer en concert.  Et puis (le ton rieur) aussi me détendre.

Festival 1001 Notes : Selon vous, qu’est-ce que la musique classique ?

Gaspard Dehaene : Pour moi la musique classique, c’est la musique la plus belle qui soit, la plus savante et la plus riche d’émotions. Alors elle passe pour être la plus compliquée des musiques, mais c’est parce qu’elle n’a rien de binaire; c’est une musique avec une infinité de défis et d’émotions. On n’en ressort toujours grandit et enrichis, c’est comme si on goûtait un grand vin ou un grand plat, d’un chef étoilé, on ne peut pas vraiment comprendre comment il a fait, mais il y a une magie qui opère et cette magie ne sort pas de nulle part, mais du génie du créateur.

Donc je trouve que la musique classique, est une expérience sensorielle, de ce que j’appellerais le vrai, le juste, le beau, puisqu’on est dans une expérience vivante. Dans la musique classique, l’acoustique est naturelle, avec la mise en vibration de l’air, qui après l’arrivée des artistes, se met à vibrer de façon harmonieuse et ça seule la musique classique le propose de cette façon.

Festival 1001 Notes : Que pensez-vous du Festival 1001 Notes maintenant que vous le connaissez bien ?

Gaspard Dehaene : J’adore ce festival. J’adore la modernité au bon sens du directeur du festival Albin de la tour, qui fait vivre ce festival, en défendant la musique classique et en montrant qu’elle est accessible à tous, qu’elle permet d’apporter du bonheur, au milieu de l’été, et dans le Limousin. Et puis, je trouve aussi que chaque année est différente de l’autre, avec plein de thèmes et d’idées qui rendent ce festival unique.

Festival 1001 Notes : Avez-vous des projets en cours en ce moment ?

Gaspard Dehaene : Oui, j’ai un projet en cours avec le Label 1001 Notes, c’est un projet plutôt baroque, mais ça reste encore à préciser.

Festival 1001 Notes : Un rêve à partager ?

Gaspard Dehaene : Mon rêve, ça serait, que la musique sauve le monde. Qu’en assistant à un concert de musique classique, le public y trouve un rapport au temps qui lui permettra de contempler la vie, de s’arrêter un moment afin de tendre l’oreille et de se laisser pénétrer par les mystères de la musique ; par une musique qui donne le vrai temps. Et puis avec la musique, on peut cultiver l’ouïe et quoi de plus mystérieux que l’invisible.

Ouafa Zaidi 

Vous pouvez retrouver Gaspard Dehaene, sur son site internet, les réseaux sociaux et YouTube :

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